Surfer l’hiver sans mourir de froid

La plupart du temps, surfer engendre un processus relativement simple: show up, paddle out, surfer jusqu’à ce que tes bras n’en peuvent plus et finir la session avec satisfaction. Mais le surf d’hiver fait partie d’un processus plus exhaustif et peut décourager même les plus endurcis. Que ce soit dans l’océan, les rivières ou les grands lacs, voici quelques conseils signés Surf The Greats pour t’aider à rester motivé et surtout, garder tes extrémités à l’abri des engelures quand le mercure tombe sous zéro.

Crédit photo couverture: Jordan Fritz

Crédit photo: Antonio Lennert

Porter des bouchons pour les oreilles

À part porter un wetsuit épais, des booties, des gants et un hoodie, c’est la règle la plus basic: toujours porter des bouchons pour les oreilles lors des sessions en eau froide. En surf, on est constamment exposé aux infections aux oreilles surtout en période de pluies. Mais plus encore, ce sont les surfeurs d’eau froide qui sont le plus sujets à ce qu’on appelle l’exostose ou la maladie de l’oreille du surfeur. Il s’agit d’une réaction de défense de l’organisme à l’exposition répétée à l’eau ou à l’air froid. Ce qui en résulte est tout sauf joli: une croissance de l’os dans le canal auditif externe, pouvant mener à une infection, à des troubles d’ouïe et dans le pire des cas à la surdité. Pour se débarrasser de l’excroissance osseuse, une chirurgie est nécessaire, laissant une énorme cicatrice en guise se souvenir. Vaut mieux donc investir dans une bonne paire de bouchons étanches, souvent disponibles à la pharmacie.

Crédit photo: Jordan Fritz

Protéger son visage

Alors que nos instructeurs de surf utilisent cette expression pour avertir une personne de protéger sa tête après un wipe-out, «protect the money» peut prendre un autre sens en surf d’eau froide. Les vents hivernaux peuvent être agressifs pour la peau, tout comme la neige et la température glaciale de l’eau. Le baume miraculeux de Burt’s Bees ou de la bonne vieille Vaseline étendue grossièrement sur le visage aide à protéger des brûlures que le vent ou tout autre intempérie peut lui assener. Une autre option: ne rien faire et rocker fièrement ta face rouge en regardant les yeux ronds de tes amis quand tu leur expliqueras que tu surfes en février.

Crédit photo: Lucas Murnaghan

Jogger pour se réchauffer

Si l’échauffement est toujours un bon move avant une activité physique, c’est particulièrement le cas avant de plonger dans l’eau froide de nos bon vieux hivers canadiens. Jogger jusqu’au break est ainsi une façon simple et efficace de se réchauffer et permet au sang de circuler jusqu’aux extrémités.

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Surveiller le temps passé à l’eau

Alors que surfer jusqu’à ce que tes bras n’en peuvent plus indique habituellement la fin d’une session, en eau froide, la game n’est pas pareil. Il faut être encore plus à l’affut des signes que nous envoi notre corps, et pas juste au niveau de tes bras: tes jambes, tes pieds et tes mains aussi. Ce sont eux qui t’indiqueront quand il sera temps de sortir.

D’ailleurs, le temps passé à l’eau dépend de plusieurs facteurs: externes, telles que les conditions ambiantes, et internes qui sont propres à chacun. Cela va dépendre entre autres de la qualité de l’équipement, du niveau d’aisance dans l’eau et de sa température. Ma règle principale est celle-ci: lorsque tu continues de frissonner et que tu n’arrives plus à te réchauffer malgré tes mouvements et tes efforts, c’est à ce moment qu’il faut sortir. Il te faut penser qu’il reste un bon 10-15 minutes avant d’être de retour à la voiture et de partir le chauffage. Si tu reste à l’eau jusqu’à temps d’arrêter de frissonner, tu risques de ne pas retourner à ton auto en toute sécurité.

Crédit photo: Lucas Murnaghan

Eau chaude

Que ce soit dans un thermos du Village des Valeurs ou une sexy S’well bottle, l’eau chaude est nécessaire pour surfer de décembre à avril. Quelques tasses d’eau chaude versées sur un wetsuit avant de l’enlever revigoreront tes muscles afin de te donner la chaleur dont tu as besoin pour en sortir. Seulement, il faut faire attention que l’eau n’est pas bouillante, parce que ce sera un autre éventail de problèmes qui apparaîtront. La menace que représente l’hypothermie est bien réelle mais tant et aussi longtemps que tu as du chauffage dans ton auto et assez de dextérité pour insérer la clé dans le contact, tout ira bien.




«Be on top of your changing game»

Avoir une auto avec assez d’espace pour se changer n’a jamais nuit après une bonne session de surf en eau froide. Drop de vieilles serviettes dans ton véhicule ou toute autre matière susceptible de te réchauffer. Dès que tu sors de l’eau, sois certain que tu te souviens d’où sont cachées tes clés et sois rapide. Fonce dans ton auto, mets le chauffage dans le tapis pendant que tu te débarrasses de ton wettie entre deux gorgées de thé chaud. Si se changer dans ton auto n’est pas une option, tu peux toujours conduire jusqu’au Tim Hortons le plus proche et te changer dans leur salle de bain au chaud. Tu peux ensuite payer la tournée à tes amis et t’excuser aux caissiers pour l’eau et le bordel laissé derrière toi!

Crédit photo: Antonio Lennert

Deal avec ta planche plus tard

Si tu comptes retourner à la maison en wetsuit, assure-toi de pouvoir paqueter ton board rapidement en sortant de l’eau. Si tu dois «strapper» ton board sur un rack, laisse-le dehors le temps de te réchauffer à l’intérieur de ta voiture. La pire chose à faire est de tenter de t’occuper de ta planche au lieu de tes mains qui gèlent! Un de nos instructeurs de surf a une fois perdu la sensation de ses bouts de doigts pendant 3 mois après avoir passé 15 minutes à tenter d’attacher son board à son rack. Scary stuff.

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Toujours surfer accompagné

Non seulement surfer entre amis est plus l’fun, mais c’est aussi plus sécuritaire. C’est en plus assez utile pour avoir de l’aide quand vient le temps d’enlever son wetsuit! Il y a peu de choses pires que d’être retrouvé nu dans la neige le wetsuit aux chevilles!

Écrit par Antonio Lennert, Elie Landesberg et Matty Weiler
Traduit de l’anglais par Sophie Lachance