La Québécoise Lydia Ricard au Mexi Log Fest

Lydia Ricard est actuellement l’une des rares Québécoises qui se démarquent sur la scène internationale de surf. C’est lors d’un voyage d’initiation au Costa Rica que la jeune femme originaire de la Rive-Nord de Montréal tombe follement amoureuse du surf. De retour dans sa banlieue montréalaise, elle réalise que sa planche, les vagues et l’eau salée lui manquent cruellement, à un tel point qu’elle part vers les BC et finit par s’établir à Tofino en Colombie-Britannique. Là, elle sera libre de surfer tous les jours. Grâce à sa volonté légendaire, la surfeuse canadienne se démarque rapidement en remportant la deuxième place au Queen of the Peak 2018 et aussi plus récemment aux Championnats canadiens de surf 2019 dans la catégorie longboard.

Aujourd’hui, Lydia Ricard prend le clavier pour nous raconter ses dernières aventures au Mexi Log Fest 2019, une compétition internationale de longboard à Sayulita au Mexique.

Photo: Bryanna Bradley

Une Québécoise invitée au Mexi Log Fest

9 Mars 2019 – Je suis en voyage à Washington pour donner un camp de surf. Je passe une soirée bien paisible sur le divan à scroll down mon instagram quand je vois le cercle rouge dans le coin droit de mon écran. Un nouveau message yay! C’est toujours palpitant non? Mais ce message est plus que palpitant. Il me fait sauter au plafond. C’est l’organisateur du Mexi Log Fest qui m’invite  à participer à la 4e édition du festival. Je relis encore et encore. “You are invited to the Mexi Log Fest 2019, Congratulations!” Quoi?? Moi?

Mon coeur est prêt à exploser. C’est un rêve qui devient réalité.

Lydia Ricard surfeuse canadienne
Photo: @bryannabradleyphotography

Lorsque j’ai commencé à surfer à 21 ans, je me suis dit que je n’avais pas de temps à perdre. Je me suis donc inscrite à toutes les compétitions possibles après avoir déménagé à Tofino. Pas parce que j’aime les compétitions ou que j’aime gagner, mais parce que j’ai soif d’apprendre. S’entourer des meilleurs surfeurs est un excellent moyen d’apprendre et de se surpasser. Ça me sort (énormément) de ma zone de confort, mais c’est tellement inspirant que ça en vaut la peine! En 2018, j’ai terminé deuxième aux championnats nationaux ainsi qu’au Queen of the Peak. J’étais donc en quête d’une compétition qui allait me sortir de ma zone de confort encore plus. Les compés internationales me semblaient être une belle façon d’y parvenir.

Le Mexi Log Fest c’est loin d’être une petite compétition canadienne. C’est 7 jours de surf traditionnel, de yoga, de sound bath, de clinique de surf pour enfants, de bonne bouffe, de films de surf, de musique live et plus encore. 140 des meilleurs single-fin traditional longboarders se rassemblent à La Saladita, au Mexique, avec la mission de laisser une empreinte positive sur la communauté.

C’est une compétition sur invitation seulement qui est différente des autres compétitions par le genre de personnes qu’elle attire. Ce sont des gens qui ont à coeur les valeurs traditionnelles du longboard, des gens qui respectent leur environnement ainsi que les locaux. Je suis tellement excitée d’en faire partie!

Photo: @bryannabradleyphotography

Quand la compagnie aérienne refuse ton longboard

23 avril 2019 – Je pars de Tofino avec mon longboard (qui pèse une tonne) et mon sac à dos. 2.5 heures d’auto, 2 heures de traversier et 45 minutes de taxi, avec le longboard entre le chauffeur et mon amie Bryanna qui co-pilote parce que le chauffeur ne voit pas sur sa droite.

Comme tout bon voyageur, je check in trois heures en avance. Je suis nerveuse même si avant d’avoir booké mon vol, la compagnie m’a confirmé que je pouvais amener un board jusqu’à 9’6. Je pèse mon (énorme) sac, tout est dans les règles, mais la fille au comptoir me lance un regard incertain quand je lui mentionne la longueur de mon baggage. Elle le mesure trois fois, et elle me dit que la limite est de 6 pieds.

Où est passé l’extra 3 pieds et demi de plus qu’on m’avait promis?

J’explique à trois superviseurs différents que je ne peux pas aller faire une compétition de surf sans avoir de planche, surtout qu’ils m’avaient promis qu’ils allaient la prendre dans l’avion. Après 2 heures de conversation et de frustration, je me résigne.

Je dois laisser ma planche à Vancouver. Malgré tout, je reste positive. Je suis super chanceuse de faire partie de la compétition, avec ou sans planche et le voyage sera pas mal plus léger maintenant! Je me croise juste les doigts (et les orteils) pour que je puisse trouver un bon board facilement à mon arrivée.

Dès que je mets les pieds à la Saladita, je suis en amour. Le soleil qui me chauffe le visage, les palmiers sous la lumière dorée, une gauche parfaite. Et environ 100 longboards.

J’en prends un sur le rack et je vais surfer immédiatement.

Surf, eat tacos, nap, repeat

L’océan chasse la malchance du début de mon voyage car ce qui se passe semble sorti d’un rêve. Nager sans wetsuit, avec les tortues, et observer une vingtaine de pro surfers de mes propres yeux. Comment pourrais-je être déçue de ne pas avoir mon board, tout ce qui m’entoure est juste parfait. J’en loue un à l’endroit où je reste et c’est réglé. Pour les 4 premiers jours, je vis selon le dicton “Surf, eat tacos, nap, repeat”. Je suis raquée de partout, même des joues, car j’ai un sourire constant aux lèvres. Mais quelle chance j’ai d’être parmi les meilleurs longboarders du monde !

Les gens sont super sympathiques et s’encouragent entre eux. L’ambiance est à la fête. Toute la semaine, il y a des hamacs, des chaises, des serviettes étendues tout le long de la plage, pour que les spectateurs puissent regarder la compétition confortablement. Les vagues sont super : une longue gauche qui semble ne plus finir. Et nous avons la chance de la surfer avec seulement trois autres personnes à la fois, c’est le rêve! Avant chaque heat, nous devons passer devant le beach marshal pour qu’il s’assure que notre planche correspond bien aux critères : 9’4 et +, au moins 16 livres, single fin, soft rails et sans leash. Lorsque nous passons le test, il étampe un collant sur la planche et hop! On y va. Les heats sont de 25 minutes, donc en masse de temps pour prendre le plus de vagues possible!

La compétition dure 6 jours. Chaque surfer a trois rounds. Le jury compte les deux meilleures vagues par round et ajoute la meilleure vague totale pour un score qui va classer tous les surfers. Les 16 meilleurs s’affronteront dans les quarts de finale. Mon seul but durant cette compé c’est de ne pas perdre mon board durant mes heats! Et j’ai réussi.

L’expérience est vraiment spéciale, j’ai même eu la chance de surfer avec des légendes du surf: Honolua Blomfield, Karina Rozunko, Avalon Gal (pour n’en nommer que quelques unes). J’ai adoré le format de la compétition car le fait d’avoir plusieurs heats nous a tous donné une chance de s’améliorer et de se supporter au lieu de se confronter. Nous surfons tous pour notre propre score, et non «contre» les autres compétiteurs.

Durant les finales, l’océan a décidé de se donner en spectacle et de lancer un défi aux surfers. Les vagues étaient entre 6 et 8 pieds. Sans leash et ni single fin. Ça n’a pas arrêté les 16 meilleurs surfeurs de démontrer leur talent, en gardant la foule bien captivée!

 

10 mai 2019

Je suis maintenant de retour à Tofino, plus que satisfaite de mon voyage même si je n’ai pas gagné. Je suis encore sur un nuage. J’ai tellement appris, j’ai rencontré des gens super, ça m’a juste motivée encore plus pour mes prochaines compétitions qui s’en viennent vite! Le Ripcurl Pro vient de se terminer – je vous en parle bientôt -, et ensuite je pars vers la France pour aller représenter le Canada aux Jeux Mondiaux de Longboard à Biarritz!

Photo: @bryannabradleyphotography

La surfeuse québécoise Lydia Ricard s’envolera bientôt vers la France où elle représentera le Canada aux Mondiaux de longboards. Même si elle y est invitée, elle devra assumer elle-même les coûts de son voyage, tout en continuant à s’entraîner autant que possible pour le jour J. Elle demande l’aide du public pour réaliser son rêve de faire partie de l’équipe canadienne de surf. Par ici pour lui donner un coup de pouce.