Combattre l’épidémie de plante zombie au Québec, un lavage de SUP à la fois

Le myriophylle à épi – plante zombie pour les intimes – fait des ravages au Québec. Elle se propage rapidement et représente une sérieuse menace pour nos 3.6 millions de lacs et rivières. Si tu fais du SUP, du canot, du kayak ou du bateau dans tes temps libres, tu es peut-être déjà infecté sans le savoir. Voici quelques conseils à suivre afin de combattre l’épidémie.

Et le SUP dans tout ça?

La question qui tue: est-ce que ton SUP peut contribuer à la propagation de l’épidémie de plante zombie? La réponse courte est : OUI!

Selon Hélène Godmaire, directrice générale du Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes, même si le risque de transport est plus faible avec des planches à pagaie qu’avec des embarcations à moteur, il vaut mieux rester vigilant : «Les espèces exotiques envahissantes qui colonisent nos lacs et rivières sont le plus souvent disséminées par les humains. Dans le cas des adeptes de planche à pagaie la meilleure façon d’éviter de transporter des espèces potentiellement envahissantes, serait de nettoyer votre planche à chaque fois que vous sortez d’un plan d’eau.»

«Nettoyer sa planche chaque fois que vous sortez d’un plan d’eau constitue la meilleure façon d’éviter de transporter des espèces envahissantes.» – Hélène Godmaire

 

Comment laver ton SUP?

Certaines municipalités exigent des propriétaires d’embarcations étrangères un certificat de lavage émis par leur station de nettoyage, comme c’est le cas à Tremblant, à St-Donat et à Magog. Mieux vaut vérifier au préalable avec elles si les embarcations non motorisées comme les SUPs doivent y être lavées avant d’être mises à l’eau.

Dans le cas contraire, ou dans les lacs et les rivières qui n’ont pas de système de nettoyage officiel, on suivra tout simplement les recommandations de nettoyage du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (voir plus bas).

– Installe-toi à au moins 30 mètres d’un cours d’eau ou d’une canalisation qui y conduit pour éviter la contamination par les eaux souillées
– À l’aide de tes mains et d’un jet d’eau, assure-toi de bien nettoyer ta planche et l’ensemble de ton équipement
– L’eau froide fera l’affaire, mais l’eau chaude à 50 °C, en plus de déloger les envahisseurs, les tuera
– La séance de lavage terminée, laisse bien sécher ta planche et ton équipement avant la prochaine utilisation

Il est essentiel d’éliminer l’eau résiduelle logée dans des interstices ou des cavités qui pourraient contenir des microorganismes envahissants indésirables, comme les cavités de la poignée ou des ailerons.


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Pour les produits à utiliser, vaut mieux te renseigner auprès du manufacturier, puisqu’un produit trop abrasif risquerait d’endommager et ta planche, et le prochain cours d’eau visité. Chez nos amis de Taiga Board, l’affaire est ketchup avec une chaudrée d’eau et 2-3 noix de savon biodégradable.

Pour les propriétaires d’embarcations

Pour stopper la propagation de la plante zombie, le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a mis en place une série de mesures de précaution à l’intention des propriétaires d’embarcation :

– Inspecte ton embarcation, ta remorque et ton équipement et retire entièrement tous les résidus de plantes aquatiques, boue ou organismes visibles à l’œil nu
– Dispose-en dans une poubelle ou autre endroit qui préviendra leur réintroduction dans le milieu naturel
– Avant de quitter le plan d’eau, vide toute eau pouvant se trouver dans l’embarcation ou sur ton équipement (viviers, moteur, cale, glacières, etc)
– Nettoie et sèche ton embarcation, la remorque ainsi que tout équipement ayant été en contact avec l’eau
– Répète toutes ces étapes chaque fois que tu visites un nouveau plan d’eau

Après l’appel à l’aide retentissant de l’Union des Municipalités du Québec la semaine dernière, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il injectera 8M$ pour la lutte contre les plantes exotiques envahissantes, dont une partie financera des projets de prévention.  En attendant, et puisque nous sommes nombreux à parcourir à dos de SUP les cours d’eau de notre belle province cet été, passons le mot. La survie de nos lacs et rivières en dépend!