S’exiler en SUP dans les Cantons de l’Est

Un weekend de fin d’été, l’envie de m’extraire du bureau et de fuir la ville est amplifiée par la chaleur et le soleil frappant (qui ne s’est pointé qu’assez timidement cet été, donc je me dis que j’ai bien choisi mon vendredi de congé). Mon frère Renaud et moi-même, on a un demi-plan: passer à Montréal vendredi en journée ramasser deux SUPs “Le huard” et mettre le cap vers les Cantons de l’Est à la recherche des meilleurs spots pour mettre les planches à l’eau. Si on connaît la région pour ses montagnes, nous n’avons ni l’un ni l’autre pris le temps d’explorer ses points d’eau, c’est donc une occasion de voir les cantons sous un nouvel angle. Tous deux amateurs de plein air, on s’entend pour viser les endroits un peu moins fréquentés, où l’expérience en nature risque d’être plus immersive. De plus, on se dit que le SUP est un sport qui peut être assez méditatif et calme si on le veut, donc un endroit plus paisible serait l’idéal.

Photos et vidéo : Guillaume Paquette-Jetten (@stokefactor)

On commence donc par le lac Memphrémagog, l’un des plus grands lacs de la région. On s’imagine qu’il doit bien y avoir quelques endroits plus sauvages entre les villages qui le longent. On sait qu’il y a certains accès à l’eau qui seront plus naturels et en forêt du côté ouest du lac, mais en même temps, on se dit que ça serait épique d’avoir la vue du coucher de soleil derrière les montagnes depuis la rive est. En plus, on a jamais vraiment emprunté les routes qui longent ce côté, donc on y met le cap en passant par le nord du lac puis on redescend.

Cette soirée-là, le lac est splendide. Cependant, on se rend vite compte que ce côté est nettement plus développé que ce qu’on imaginait. Toute la route qui longe l’eau est parsemée de villages charmants, mais évidemment très touristiques et achalandés (bon OK, pas très étonnant par un vendredi soir ensoleillé de juillet  au bord de l’eau). On arrive à la conclusion qu’à moins de pagayer pour se rendre plus loin, on ne risque pas de trouver ce point idéal d’accès à l’eau perdu en forêt. Avec le soleil qui s’apprête à se coucher, on décide de s’arrêter à Georgeville pour profiter des couleurs du coucher de soleil sur le lac. Le paysage ne semble alors que gagner en beauté, avec quelques nuages qui s’installent derrière les montagnes bleutées, le tout baigné de teintes vives d’oranges  et de roses.

Le lendemain, on s’en tient à l’idée de trouver un spot réellement plongé en nature. Renaud mentionne que la rivière Missisquoi pourrait être splendide, là où elle sillonne entre les montagnes près de Sutton. On roule un peu sur le Chemin de la Vallée Missisquoi qui suit la rivière à certains endroits et on décide de piquer sur un petit chemin de terre qui semble mener directement à l’eau. Effectivement, on aperçoit une petite voiture déjà stationnée près d’un pont et deux pêcheurs profitent calmement du soleil. On met les planches à l’eau loin de leurs lignes et on remonte le courant. Rapidement, les quelques chalets qui étaient visibles près du pont disparaissent alors que la rivière aborde plusieurs courbes s’éloignant de la route. On se retrouve alors avec rien d’autre que le courant léger et la vue de champs et boisées tout autour qui grimpent vers les montagnes vertes. Éventuellement, on rebrousse chemin pour prendre le sens du courant et l’impression d’un laisser-aller paisible s’amplifie encore davantage.

Plus tard le coucher du soleil inonde la rivière de ses couleurs, et alors le moment devient encore plus magique, car on est là à flotter debout sur l’eau calme et à pouvoir regarder ce spectacle autant au-dessus qu’en dessous de nous. Le moment s’inscrit directement dans ma liste coups de coeur de l’été.