L’Outaouais: Mecque du surf de rivière au Canada.

Surf de rivière en Outaouais: La ruée vers l’Ouest

Mai 2018. Aucune vague à l’horizon sur la côte Est américaine. Le niveau du Saint-Laurent est trop haut pour que les vagues d’Habitat 67 fonctionnent. Nous avons faim pour des vagues, une envie de surfer qui ne lâche pas. Nous avions entendu dire que les rivières étaient généreuses et fortes dans l’Outaouais et qu’il y avait plusieurs vagues à surfer. Rien à perdre. Nous avons paqueté les boards et sommes parti vers l’Ouest, plus précisément à 1h45 de Montréal, Gatineau – surf city. Notre équipe n’était pas préparée pour ce qu’elle était sur le point de découvrir.

Nous sommes habitués à notre cour arrière: Habitat 67 à Montréal et ses 600 adeptes qui s’enlignent parfois jusqu’à une soixantaine pour avoir droit à leur 2 minutes de gloire sur une vague trop souvent très moyenne. Don’t get me wrong, la vague est superbe quand le fleuve est au bon niveau, mais avec un line up de 300 mètres, ça devient plus du socializing qu’une session de surf ou un entraînement.

Nous n’avions aucune idée comment atteindre ces vagues, en Outaouais. Quelques jours avant notre départ, nous avons donc contacté Trevor Cunningham de la Ottawa River Surfing Association, un passionné de surf en eau vive. Trevor nous répond :

“Let me know when you are in town, I’ll help you find and get to the waves.” – Trevor

PAUSE. What? 

En partant, ça, c’est nouveau. Essayez de contacter un surfeur de n’importe quelle région au monde, que vous ne connaissez pas, et demandez-lui s’il peut vous dévoiler les secrets de son spot local. Bonne chance!

“I’ve noticed that the loudest cheers, bar none, are when a newcomer stands up for the first time. To me, that moment captures what it means to be a surfer here in Ottawa-Gatineau, and who wouldn’t want to be a part of that.”- Trevor

PLAY.

Trevor a habité à la Barbade et en Colombie-Britannique, mais c’est à Gatineau qu’il commence sa carrière de surfeur amateur. Devant chez lui, downtown Gatineau, la rivière des Outaouais; une immensité de rivière qui traverse le Québec et l’Ontario et qui fait plus de 1271 km de long. Nous sommes estomaqués: plus de 9 vagues différentes sur une distance d’à peine 1 km. En plein centre-ville. Un terrain de jeu incroyable pour ces surfeurs habitants les terres du Canada à plus de six heures de route de la côte Atlantique. On parle ici de vagues pouvant atteindre 8 pieds de hauteur sur 30-40 pieds de largeur – toute verte (une vague verte signifie qu’elle n’est pas cassée; on n’aperçoit pas un rouleau de mousse blanche mais plutôt une surface lisse et verte qui nous permet de la surfer).

Ce qui est encore plus frappant, c’est la gentillesse et l’accueil que la communauté gatinoise nous réserve.

“The special vibe that permeates our community can be traced back to the pillars that started it all. The Chricton brothers (Dave and Mike) and Paul Gavreau, followed by people like Marco Carnero, Mike Billinger, Nasser Yassine, and Gerard Blaauw. They established the positive and respectful relationship with the kayaking community that has endured despite a dramatic increase in surfers, and the scarcity that it brings.” – Trevor

Près de Gatineau, nous avons trouvé plus d’une dizaine de vagues incroyables : Sewer, The Hole, Desert et Bate Island, pour en nommer quelques-unes.

Les locaux m’ont accueilli dans leur line up, comme si j’étais un des leurs. M’expliquant comment prendre la vague, quoi ne pas faire et où me diriger si “shit hit the fan”. Une vibe incroyable, qu’on ne retrouve pas assez souvent dans les lines up autour du globe. Le surf c’est all about the vibe et en Outaouais, ils l’ont compris. – David Boucher

Nous étions aussi entrés en contact avec Brandon Fasan du Capital Cable Park, un kayakiste hors du commun qui était classé quatrième au Canada à l’époque où il compétitionnait encore. Brandon nous a parlé de plusieurs autres vagues réparties dans l’immense territoire de verdure, dont White dog, sur la rivière Rouge, qui serait à son meilleur exactement lors de notre passage. Un niveau d’eau précis et nous voilà en plein milieu d’une nature verdoyante, debout sur une vague puissante qui nous permet d’effectuer les manœuvres de notre choix.

Je suis reconnu pour aimer les grosses vagues d’océan. Pas parce que je suis un bon surfer et pas nécessairement parce que ça signifie du meilleur surf, mais plutôt parce que ça me rappelle à quel point nous sommes petits dans l’univers. J’ai besoin de cette sensation pour me reconnecter à what really matters in life. En fait, je crois que l’essence du surf est là, se rappeler que la nature est plus grande et forte que nous et que le bonheur nous envahit lorsqu’on suit le rythme qu’elle nous impose. Surfer White dog m’a ramené exactement là, à cet endroit précis où la nature est plus forte que toi, que tu es dans une position de vulnérabilité et que tu ne peux qu’admirer le travail que Mère Nature exécute à la perfection. Assis sur ma planche, descendant le courant vers un remous infernal, entouré d’une forêt dense et infinie, là, exactement là, j’étais en extase. – David Boucher

L’Outaouais, c’est plus de 30 000 km carrés de verdure, 15 000 lacs et (ce qui nous intéresse le plus) 12 rivières. 12 rivières qui s’allument au printemps et qui deviennent un véritable terrain de jeu pour ceux et celles qui ont soif de découverte.

L’année prochaine on part à la chasse aux vagues, we will be back!