Surfer un mascaret en Birmanie : de la jungle aux vagues!

Au printemps dernier, Antony Colas (auteur des Stormriders Surf Guides), Jérome Cordoba (longboardeur et créateur du Bordeaux Surf Festival) ainsi que Patrick Audoy (pilote de l’expédition) ont troqué leur confort urbain pour le Myanmar (Birmanie). Le périple : surfer un mascaret jamais encore surfé dans le Sittang. Le fleuve long de 421 kilomètres prend sa source sur le plateau Shan, au sud-est de Mandalay, et s’écoule en direction du sud jusqu’au golfe de Martaban, entre l’Irrawaddy et la Salween.

Un masca…quoi?!

Le mascaret est un phénomène naturel qui se produit quelques fois par année sur certains fleuves, rivières et baies. Ici au Canada, la baie de Fundy offre des conditions favorables à la formation de mascarets, notamment en raison de ses plus hautes marées enregistrées au monde. Avis aux intéressés! Ce phénomène de brusque surélévation de l’eau d’un fleuve ou d’un estuaire est provoqué par l’onde de la marée montante lors des grandes marées. Il se produit dans l’embouchure de certains fleuves lorsque leur courant est contrarié par le flux de la marée montante. Les mascarets les plus impressionnants s’observent aux embouchures du Qiantang (Chine), du Hooghly en Inde et de l’Amazone au Brésil, mais il semble que les surfeurs français en aient trouvé un en Birmanie!

 

1/3
2/3
3/3

Une expédition dans la sauvage Birmanie

Si les locaux se méfient du fleuve, car ils ne savent pour la plupart pas nager, Jérome, Antony et Patrick chassent le mascaret armés de leurs planches de surf. Hébergés dans un village de pêcheurs, en pleine jungle au bord de la rivière, ils ont passé deux semaines à observer les moindres signes de vagues, ondes et autres indices pouvant révéler la présence du phénomène, jusqu’au jour où tous les facteurs se sont alignés pour former les vagues tant attendues.

« Nous sommes devenus les premiers à surfer cette déferlante et magnifique vague bordée de pagodes dorées. » — Jérome Cordoba.

Alors que ces eaux ne sont navigables que sur 40km au cours de l’année et 90km trois mois par année, Anthony, Patrick et Jérome ont surfé le mascaret deux fois par jour durant 6 jours. Avec leurs recherches sur le terrain, ils ont aussi découvert que le mascaret pouvait atteindre la taille de 8 pieds, ce qui le place dans le Top 3 des plus gros mascarets au monde.

Le voyage et ses péripéties

Sur les lieux, il était primordial de trouver un speed boat pour naviguer sur les eaux et amasser des données. « Dans un pays où la pirogue en bois est quasiment le seul moyen de transport fluvial et les autorités pas toujours aidantes, ça n’a pas été chose facile », nous confie Jérome. Ils ont passé près d’une semaine avant de trouver un bateau assez solide pour affronter les eaux tumultueuses du Sittang. Même avec ce bateau de performance, ils ont passé tout près de couler, lorsqu’ils ont croisé une vague de 2 mètres sur leur chemin. L’équipe avoue avoir sous-estimé le Mascaret. « Pat et moi avons voulu surfer le Mascaret quand il est au plus gros de sa forme, ça nous a valu une belle frayeur, mon leash s’est arraché et ma planche a été retrouvée à plus de 1km de notre point de chute!»

1/3

L'un des boudhistes qui aurait gouté à la wax!!

2/3

Traverser la jungle pour analyser le terrain

3/3

L'accueil chaleureux des Birmans

En plus d’avoir surfé dans un panorama hors du commun, entourés d’arbres luxuriants, de temples dorés et de Birmans particulièrement aimables et accueillants, les surfeurs reviennent en France avec une meilleure connaissance du mascaret de la région qu’ils peuvent d’autant plus partager au reste du monde.

Un documentaire complet du surftrip sera diffusé sur les chaînes des télévisions françaises d’ici quelques jours. Pour le moment, Jérome nous partage sa vidéo inédite sur les lieux. Comme quoi le mascaret n’est pas un mirage!

Pour suivre leur périple : visitez Bordeaux Surf Festival et la page Facebook de Jérome Cordoba.

Jérome Cordoba, président de Bordeaux Surf Festival